Cinéphile m'était conté ...

Cinéphile m'était conté ...

Franco de porc (Le cochon de Gaza)

Romancier à la réputation naissante (Le dernier vol de Lancaster), Sylvain Estibal réalise son premier film d'après un scénario qu'il n'a laissé à personne le soin d'écrire. Cochon qui s'y dédie. Un sujet original, qui ne manque pas d'audace, puisque Le cochon de Gaza se déroule, comme son titre l'indique, sur une terre où la cohabitation entre palestiniens et colons juifs est explosive. Le cinéaste choisit le mode du conte, de la farce même, pour évoquer cette situation inextricable. Casse gueule, pour le moins, et très naïf, c'est entendu, mais la fable est assez bien menée, au point qu'il n'y a pas lieu de se demander si c'est de l'art ou du cochon. Les péripéties s'enchaînent sur un ton grinçant, Estival s'en prenant aux deux communautés avec la même verve, franco de porc. Evidemment, la satire a ses limites et ne résout rien, on s'en doute, et quand le ton se veut plus réaliste, le film retombe dans les travers (de porc) attendus, c'est à dire un angélisme qui ne convainc guère. Au passage, on retrouve avec plaisir l'excellent Sasson Gabai (La visite de la fanfare) qui forme un joli couple avec son camarade porcin, qui montre un beau talent dans un rôle de colombe symbolique qu'il n'interprète pas comme un cochon.

 




22/08/2015
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